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Histoire et Patrimoines du Bassin minier Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

« Les paysages culturels sont des biens culturels et représentent les œuvres conjuguées de l’homme et de la nature. Ils illustrent l’évolution de la société humaine et son établissement au cours du temps, sous l’influence des contraintes physiques et/ou des possibilités présentées par leur environnement naturel et des forces sociales, économiques et culturelles successives, externes aussi bien internes. »

Article 1, Convention du Patrimoine mondial

Contexte géologique et géographique


Copyright Centre Historique Minier

Le Bassin minier du Nord-Pas de Calais constitue l’extrémité occidentale du bassin charbonnier européen continental. Plus globalement, il fait partie des gisements houillers qui s’égrènent depuis la Colombie jusqu’aux Appalaches aux Etats-Unis, de l’Irlande méridionale à l’Ukraine, du Kazakhstan à la Chine et à l’Inde.
Après celui de la Ruhr en Allemagne, le gisement du Nord-Pas de Calais est le plus étendu d’Europe du Nord-Ouest. Une de ses spécificités est d’être le seul gisement de grande dimension entièrement souterrain. Associée à un relief peu marqué en surface, cette caractéristique a directement influencé le mode de développement, l’organisation et l’emprise foncière de l’activité minière, en favorisant notamment un étalement linéaire sur une grande superficie : 120 kilomètres de long ; 12 kilomètres de large ; 1,2 kilomètre de profondeur.

 

270 ans d'histoire


Copyright Centre Historique Minier

 

1720 : Découverte de charbon à Fresnes-sur-Escaut et naissance du Bassin du Nord.
1757 : Fondation de la première compagnie minière, la Compagnie des Mines d’Anzin.
1832 : La Compagnie des Mines d’Anzin crée la première caisse de secours chargée de verser des allocations aux mineurs blessés.
1841 : Découverte du charbon à Oignies.
1847 : Sondage à la fosse de l’Escarpelle, près de Douai, donnant l’impulsion pour la mise en exploitation du Bassin du Pas-de-Calais.
1906 : Catastrophe des Mines de Courrières, 1099 morts.
1913 : Le Bassin du Nord-Pas de Calais produit 67 % de la production nationale (27 millions de tonnes) et emploie 130 000 mineurs.
1914-1918 : Première Guerre mondiale : 103 fosses détruites (sur environ 150) , 1900 kilomètres de galeries inutilisables.
1930 : Production record de 35 millions de tonnes (64% de la production nationale).
1939-1945 : Seconde Guerre mondiale : exploitation systématique par les troupes occupantes.
1946 : Loi de Nationalisation et création des Houillères du Bassin du Nord-Pas de Calais. Institution du « Statut du mineur ».
1947 : 222 000 mineurs travaillent dans le Bassin minier au plus fort de la Bataille du charbon.
1956 : Production de 29 millions de tonnes, 166 000 mineurs.
1968 : « Plan Bettencourt » qui prévoit l’arrêt progressif de l’activité.
1971 : Production de 15 millions de tonnes, 62 000 mineurs
1974 : Catastrophe de Liévin : 42 morts.
1981 : Production de 4 millions de tonnes, 24 000 mineurs.
1990 : La dernière « gaillette » est remontée à la fosse du 9-9 bis de Oignies.

 

Le Bassin minier du Nord- Pas de Calais en quelques chiffres 

  1. 18 compagnies minières (en 1939) et 8 groupes d’exploitation nationaux (à partir de 1946)
  2. 600 puits foncés
  3. 100 000 kilomètres de galeries
  4. 2 milliards de tonnes de charbon extraites

 

Les patrimoines du Bassin minier du Nord-Pas de Calais


Panorama depuis Vimy, copyright MBM
Le Bassin minier du Nord-Pas de Calais est un territoire de grande ampleur marqué par de nombreux héritages liés à l’exploitation charbonnière. Cette aventure industrielle de près de trois siècles, tournée vers la richesse du sous-sol, est venue intensément modifier les caractéristiques physiques d’un territoire antérieur essentiellement rural. Elle a été génératrice d’un ensemble d’éléments physiques nécessaires au développement de l’activité.  De nombreux éléments  techniques ponctuent ainsi le territoire :  les fosses et les chevalements, les terrils, les infrastructures de transport.

L’exploitation industrielle du charbon a de même enrichi le paysage en l’urbanisant d’une façon totalement originale par rapport au passé agricole du territoire, en gonflant les noyaux urbains préexistants ou en parsemant le territoire de nouveaux habitats, les cités ouvrières et leurs équipements collectifs.

Toutefois l’irruption de l’industrie n’a pas effacé les signes de l’activité agricole et les caractéristiques rurales du territoire. Elle est venue surimposer tous les éléments de production,  créant un territoire cohérent et homogène, expression des différentes périodes de l’histoire du territoire.

Enfin, cette histoire industrielle est aussi une histoire humaine. Trois siècles d’activité industrielle ont vu se développer une culture minière qui, au travers de pratiques d’abord initiées par les Compagnies minières, continue de vivre et de se transmettre.

 

Héritage technique


Les fosses constituent le cœur de l’exploitation du charbon. En dehors des quatre grandes sites de la mémoire (fosse du 11-19 à Loos-en-Gohelle, fosse n°9-9bis à Oignies, fosse d’Arenberg à Wallers-Arenberg, fosse Delloye Centre historique minier à Lewarde), on recense encore aujourd’hui une centaine de vestiges de fosse de type ateliers, salle des bains-douches… Directement associés,  les chevalements constituent aujourd’hui des signaux visuels très forts dans le paysage du Bassin minier. 21 sont encore visibles. Désormais investis d’une fonction mémorielle très forte, ils offrent un témoignage exceptionnel de l’évolution des techniques d’extraction.

Fosse Delloye, Centre Historique Minier Nord- Pas de Calais
Fosse Delloye, Centre Historique Minier Nord- Pas de Calais
Site de Wallers Arenberg copyright N.Merkes- N.Wallbaum- BMUSite du 9- 9bis Oignies, N.Merkes- N.Wallbaum- BMUSite du 11-19 Loos-en-Gohelle,copyright N.Merkes- N.Wallbaum
Site de Wallers Arenberg Site du 9- 9bis OigniesSite du 11-19 Loos-en-Gohelle


Les terrils sont les symboles de l’image et de l’identité du Bassin minier. En effet, l’impact paysager et environnemental de ces montagnes articielles est considérable, surtout dans un territoire de plaine. Le Bassin minier a compté jusqu'à près de 350 terrils en pleine période d'exploitation minière. Il en reste actuellement environ 200. Ces terrils sont aujourd’hui soit intacts, soit exploités et aménagés, en zones de loisirs notamment.

terril Renard DenainTerril 11-19
Terril Sabatier à Raismes
Terril Renard Denain
Terril Sabatier à Raismes
Terril 11-19

L'exploitation minière s'est accompagnée d'un développement intense et exceptionnel de réseaux de traitement, de distribution et de commercialisation du charbon, qu'il s'agisse des voies ferrées appelées des  « cavaliers », des gares ou des rivages aménagés. Au même titre que les fosses et les terrils, ces infrastructures de transport du charbon ont façonné le paysage et le territoire du Bassin minier.

Cavalier aménagé LapugnoyOuvrage d'art cavalier Calonne-Ricouart
Cavalier aménagé à Lapugnoy
Ouvrage de franchissement à Divion

  


Héritage social


Le territoire du Bassin minier se caractérise par l’ampleur et la diversité des créations patronales dans le domaine de l’habitat minier, des corons aux cités pavillonnaires, des cités-jardins jusqu’aux logements modernes. Les politiques sociales y ont été particulièrement développées, combinant intentions de contrôle de la main d’oeuvre et volontés d’expérimentation et d’innovation en matière d’amélioration du confort et de la salubrité, d’architecture et d’urbanisme. Cet héritage social compte aujourd’hui 563 cités minières qui présentent une très grande richesse architecturale et urbaine. De nombreux équipements collectifs ont également accompagné les impératifs de logement: écoles mais aussi églises, hôpitaux et salles des fêtes, équipements sportifs, etc. Le Bassin minier du Nord-Pas de Calais apparaît ainsi aujourd’hui comme un vaste laboratoire en matière de logement ouvrier sur une période de 150 ans.

Cité 10, cité pavillonnaire, Sains-en-Gohelle, copyright Ph. Fruitier
Cité 10, cité pavillonnaire à Sains-en-Gohelle
Cité du Pinson, cité -jardin, Raismes, copyright Ph. FrutierDOUAI Cité de la Clochette copyright Mission Bassin MinierDOUAI-DORIGNIES copyright Mission Bassin Minier
Cité du Pinson, cité-jardin RaismesDOUAI Cité de la Clochette DOUAI-DORIGNIES
DOURGES Cité Bruno Ancienne copyright Mission Bassin MinierHENIN-BEAUMONT Cité Darcy copyright Mission Bassin MinierLENS Cité 12 copyright Mission Bassin Minier
DOURGES Cité Bruno à Ancienne HENIN-BEAUMONT Cité Darcy LENS Cité 12

 

Héritage culturel

 

Fête de la Ste Barbe, copyright LewardeStatut du mineur, copyright LewardeMaison syndicale de Lens copyright Y.Marchand- BMUMémorial de Bruay-la-Buissière, copyright BMU
Fête de la Ste BarbeStatut du mineurMaison syndicale de LensMémorial de Bruay-la-Buissière

Se caractérisant par la massivité de ses héritages bâtis, le Bassin minier du Nord-Pas de Calais est également le support d’une histoire et d’une mémoire, celles des mineurs et de leurs familles, témoignant de l'apparition et de la constitution d'un modèle de classe ouvrière, dans ses relations au travail, ses actions collectives, ses modes de vie et ses pratiques culturelles.

Par l’activité minière s’est forgée une cohésion de groupe, une identité collective qui a donné naissance à une véritable conscience de classe prenant forme dans les mouvements collectifs de revendication. Le souvenir des mouvements de grève témoigne de l'engagement d'un groupe qui a organisé sa révolte et qui s'est structuré par les syndicats. Dans le Bassin du Nord-Pas de Calais, au même titre que d'autres bassins miniers français, la précocité de ces actions collectives a fait progresser la législation du travail et la situation des mineurs a parfois été très en avance comparée à d'autres métiers en France.

Immigration, années 1930, copyright Lewardesociété colombophile, copyright lewardeHarmonie de Wingles, copyright Lewarde
Immigration, années 1930société colombophile Harmonie de Wingles

L'immigration a accompagné l'histoire du Bassin minier du Nord-Pas de Calais durant ses trois siècles d'activité. Au fur et à mesure de leur développement, les mines du Nord- Pas de Calais deviennent un puissant aimant démographique et particulièrement après la Première Guerre mondiale quand les embauches se font massives afin de remettre en état les installations détruites. Ainsi, des hommes et des femmes de 29 nationalités différentes sont venus s'installer dans le Bassin. 

Les pratiques, les associations et les sociétés héritées de la mine, désormais soutenues par les municipalités et les collectivités territoriales, donnent au Bassin minier une énergie associative forte et dense. Parmi ces pratiques se trouvent la colombophilie,  le sport (football, gymnastique, tir à l’arc, boxe, cyclisme), les pratiques artistiques (harmonies), le jardinage, les pratiques festives (fête de la Sainte Barbe).


 

 

 

 

 

 

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