Héritage technique Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Les fosses ou carreaux de fosse

Les « carreaux de fosse » constituent le cœur de l’exploitation du charbon. Ils témoignent d’une organisation fonctionnelle à la fois dans l’extraction et la production de charbon mais aussi dans les pratiques quotidiennes des travailleurs à la mine. Il existe aujourd’hui encore une cinquantaine de fosses recensées à travers le Bassin minier comprenant encore quelques bâtiments (généralement des bâtiments d’extraction). Ces bâtiments, dont les formes et la physionomie sont particulières, ponctuent de manière régulière le territoire et sont des indicateurs importants de la constitution du paysage actuel du Bassin minier. Parmi ces ensembles, émergent quatre sites homogènes qui assurent une parfaite lecture d’un carreau de fosse et du système technique de l’exploitation du charbon : le site de Wallers- Arenberg, le site de la fosse Delloye de Lewarde (Centre Historique Minier), le site du 11/ 19 de Loos-en-Gohelle, le site du 9- 9bis de Oignies.

Fosse Delloye, Centre Historique Minier Nord- Pas de Calais
Fosse Delloye, Centre Historique Minier Nord- Pas de Calais
Site de Wallers Arenberg copyright N.Merkes- N.Wallbaum- BMUSite du 9- 9bis Oignies, N.Merkes- N.Wallbaum- BMUSite du 11-19 Loos-en-Gohelle,copyright N.Merkes- N.Wallbaum
Site de Wallers Arenberg Site du 9- 9bis OigniesSite du 11-19 Loos-en-Gohelle

Les chevalements

Le Bassin minier du Nord- Pas de Calais compte encore actuellement 24 chevalements. A travers leurs matériaux de construction, leurs dimensions et leurs styles qui relèvent à la fois de conceptions techniques et architecturales, ces édifices offrent un témoignage exceptionnellement complet de l’évolution des techniques d’extraction mais aussi de l’histoire de l’exploitation du bassin et de ses tournants. Ainsi, cinq générations de chevalements soutiennent parfaitement le caractère évolutif de ce territoire et constituent des repères visuels très forts dans le paysage :

  • Chevalements en maçonnerie traditionnelle qui datent du début du XIXe siècle.
  • Chevalements construits à l’aide de poutrelles à treillis, datant principalement de l’époque des grandes compagnies minières (de la fin du XIXe siècle à la veille de la Seconde Guerre Mondiale).
  • Chevalements en béton, datant de la période de reconstruction après la Première Guerre Mondiale.
  • Chevalements à poutrelles à âme pleine (de type portique), datant de la nationalisation en 1946.
  • Les tours d’extraction (tour 19 de Loos-en-Gohelle), des années 1960.

Chevalement en brique  Fosse St Quentin 19e BouchainChevalement poutrelles à treillis, fosse St Emile 1906 MarleChevalement en béton 1921 fosse Dutemple ValenciennesChevalement, poutrelles à âme pleine Fosse Ledoux Condé-sur-
Chevalement en brique Fosse St Quentin 19e Bouchain Chevalement poutrelles à treillis, fosse St Emile 1906 MarleChevalement en béton 1921 fosse Dutemple ValenciennesChevalement, poutrelles à âme pleine Fosse Ledoux Condé-sur-

Les terrils

terril Renard DenainTerril 11-19
Terril Sabatier à Raismes
Terril Renard Denain
Terril Sabatier à Raismes
Terril 11-19

L’impact paysager et environnemental de ces véritables montagnes artificielles, aux formes variées et aux volumes impressionnants, est, en territoire de plaines, considérable et indéniable. Le Bassin minier a compté jusqu’à environ 350 terrils en pleine période d’exploitation minière : il en reste actuellement environ 200. Ils sont aujourd’hui les seules traces visibles et palpables de la veine de charbon et de la matière qui a été arrachée au sous-sol de manière continue d’Est en Ouest.
Il existe diverses formes de terrils répondant aux usages et aux techniques propres à chaque époque : terrils plats, terrils coniques, grands terrils modernes, coniques et à plateaux. Certains accueillent une végétation pionnière et spontanée et se sont révélés être de véritables écosystèmes à part entière. D’autres ont fait l’objet de vastes programmes de reconquête initiés par l’homme et basés sur leur végétalisation et/ ou leur réaménagement. Transformés en espaces néo-naturels, ils contribuent fortement à l’évolutivité du territoire.

Terril de la Bleuse Borne à AnzinTerril des Pinchonvalles à AvionTerril de la Mare à Goriaux à wallers
Terril de la Bleuse Borne à Anzin
Terril des Pinchonvalles à Avion
Terril de la Mare à Goriaux à Wallers

Les terrils, par leur volume envahissant et leur hauteur imposante, témoignent de la fulgurance et de la violence de l’impact de l’industrie minière sur l’environnement antérieur. Pendant près de trois siècles, l’extraction du charbon s’est effectuée au mépris du cadre naturel. Par un extraordinaire retournement de valeurs, les terrils, héritage de l’exploitation d’une ressource non renouvelable, sont devenus paradoxalement la ressource d’un nouveau modèle de développement, et désormais, durable.

Les infrastructures de transport du charbon

L’exploitation minière s’est accompagnée d’un développement intense et exceptionnel de réseaux de distribution et de commercialisation du charbon, qu’il s’agisse des voies ferrées mises au service des houillères en 1834 et appelées dans le Bassin minier des « cavaliers », des gares ou des rivages aménagés. Au même titre que les fosses et les terrils, les infrastructures de transport du charbon ont façonné le paysage et le territoire du Bassin minier.

Cavalier aménagé LapugnoyOuvrage d'art cavalier Calonne-Ricouart
Cavalier aménagé à Lapugnoy
Ouvrage de franchissement à Divion

 

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